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Grand
bonheur le second soir au festival Chansons de Parole Une
oasis de poésie avec Michèle Bernard et Jofroi ... ...Au
théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi, ...la
proximité du nouveau millénaire... source dinspiration,
surtout pour lhumaniste Jofroi, avec un nouveau spectacle "En
lan deux mille, lhumanité". Ce génial observateur
de lhumain a fait découvrir au public, conquis, ses chansons
inédites, toutes plus belles les unes que les autres : "Tous
les gris sont dans la nature de lhomme / laurait bien besoin
dun coup de peinture..." |
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Demblée,
on est comme submergé par cette poignante " En lan
deux mille, lhumanité", qui pose si pertinemment les
questions cruciales qui nous obsèdent et pointe la seule issue
possible: "Cest tout ce qui nous reste et qui nous justifie/
LUtopie ou la mort, la mort ou lutopie ..." Sil
enfonce le clou du désenchantement (Le génie de lhomme,
Gris ) ou de la révolte (Le Guichet), Jofroi ne cultive néanmoins
aucun désespoir mais une flamme vitale: "toujours aimer comme
un fou". Il illustre dailleurs avec une tendresse infinie ce
vers de "Nez au Ciel" dans un "Rendez-vous avec toi",
visiblement plus autobiographique. Poète épicurien - capable
décrire une ode sublime à ses ânes défunts
, "chapeau bas", Jofroi soffre aussi quelques jolies pointes
dhumour, entre un "Tango" faussement misogyne de son cru
et un "Petit notable" irrésistible griffé jean-Pierre
Chabrol. Quant aux arrangements musicaux, essentiellement acoustiques
de Line Adam, ils servent au plus sensible - excusez du peu - le lyrisme
profond du chanteur. En
lan deux mille, lhumanité ... lun des plus beaux
CD du moment! Jofroi,
dans sa peau dours jovial cache à peine le poète révolté.
Et survolté. Mais poli comme le plus doux des octosyllabes, le
plus moelleux des alexandrins. Cet homme-là a donc de la hargne,
des crocs à déchiqueter la bêtise, la gravité
dune tessiture qui en impose, mais il est aussi de la race de la
plume doie... Dans cette tradition dénonciatrice qui remue
joliment le couteau dans les plaies ( le racisme, légo pathétique
des hommes politiques, les faux progrès ...), Jofroi est bien calé
sur ses deux influences majeure. Il renvoie, par les mots mais aussi les
musiques, Ferré et Brel comme une étonnante partie de ping-pong.
Ainsi la première partie de lalbum qui sachève
par la mort ou lutopie relève du premier quand la deuxième,
Dialogue sur un bas fait par son atmosphère écho à
Ces gens-là. Jofroi ne se cache pas derrière son micro et
assume parfaitement ce double héritage (on pourrait franchement
trouver pire) qui fait de lui, à ses risques et périls,
un solide continuateur... En
quelques coups de pinceaux, Jofroi brosse le tableau de la planète.
et sil le fait dans lamer et le vitriol, cest pour mieux
chanter "tout ce qui nous reste et qui nous justifie". A vrai
dire, on se sent bien du côté de Jofroi. Il est doué
pour la vie et pour le bonheur. Il a le goût des gens, la passion
des bêtes amies (chapeau bas) et celle des éléments
complices ( dialogue sur un banc). il tutoie les marginaux et les rêves,
les amoureux et leurs talents... |
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