Grand bonheur le second soir au festival Chansons de Parole
La voix pleine, le geste large, Jofroi offrait un de ces chants d’ homme ouvert aux autres et à l’avenir ("En l’an deux mille, l’humanité") à emplir d'aise son bon maître Léo Ferré. L’humanisme épousant l’humour, il se fendait d’un irrésistible"Petit notable" signé Jean-Pierre Chabrol et d’un (non moins) savoureux tango "misogyne" qui faisait s’esclaffer une festivalière nommée ... Anne Sylvestre
Daniel Pantchenko - CHORUS - automne 99

Une oasis de poésie avec Michèle Bernard et Jofroi ...
Un retour vers l’avenir. Celui de Jofroi, mais peut-on parler de retour lorsqu’il n’y a jamais eu d’abandon... Quoi qu’il en soit après la représentation de ce 23 juillet, s’il est une certitude, c’est bien celle de la pérennité de la chanson de parole... Chansons graves comme la vie, présence physique, voix posée et si juste, admirablement accompagné par un trio de musiciens jeunes, mais maîtrisant à la perfection le piano, le violoncelle, la flûte et la contrebasse, bref un tour de chant approchant la perfection et certainement un des grands moments du festival Chansons de Parole.
D’emblée, Jofroi se place dans la cour des grands de la chanson à texte, ceux qui comme Jean Ferrat ou Anne Sylvestre continuent en quelque sorte à nous accompagner dans nos joies et nos peines, à nous habiter dans nos inconscients, souvent à notre insu, de leurs mélodies et de leurs témoignages-paroles ...
Oleg Tchechovitch - La Marseillaise

...Au théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi,
Jofroi et ses nouvelles chansons "adultes", avec le bonheur de retrouver cet humanisme teinté d’écologie qui me fait dire aujourd’hui que son propos était drôlement en avance sur son temps alors qu’il le tenait haut et clair dans les années 70. Et quel plaisir aussi de constater que les gens d’ici ne l’ont pas oublié qui reprennent en choeur "Si ce n’était manque d’amour". Jofroi et ses inventaires de l’humain, doutant parfois de l’homme mais toujours convaincu qu’on peut encore le changer : avec un peu d’amour, et de l’humour.
Francis CHENOT - Une autre chanson

...la proximité du nouveau millénaire... source d’inspiration, surtout pour l’humaniste Jofroi, avec un nouveau spectacle "En l’an deux mille, l’humanité". Ce génial observateur de l’humain a fait découvrir au public, conquis, ses chansons inédites, toutes plus belles les unes que les autres : "Tous les gris sont dans la nature de l’homme / l’aurait bien besoin d’un coup de peinture..."
Stéphanie THONNET - Chorus


A propos du dernier CD "En l'an deux mille,l'humanité..."


Amis de la chanson française de qualité, bonsoir. Jofroi est Belge, de ces Belges rares qui ont l’accent des Cévennes. Il porte une voix forte et rude dans ce paysage chanté qui n’intéresse guère les radios. Et pourtant qu’il serait utile d’entendre souvent sur les ondes Le petit notable, sur des paroles de Jean-Pierre Chabrol ou Le génie de l’homme, entre Prévert et Dimey. Ricanant, emporté, tendre, Jofroi semble appartenir tantôt à l’école de Ferré (comme dans la chanson qui donne son titre au disque), tantôt à celle de Brel.Une ferveur, une chaleur, une verdeur utiles.
Bertrand Dicale, Le Figaro - 2 mars 2000

D’emblée, on est comme submergé par cette poignante " En l’an deux mille, l’humanité", qui pose si pertinemment les questions cruciales qui nous obsèdent et pointe la seule issue possible: "C’est tout ce qui nous reste et qui nous justifie/ L’Utopie ou la mort, la mort ou l’utopie ..." S’il enfonce le clou du désenchantement (Le génie de l’homme, Gris ) ou de la révolte (Le Guichet), Jofroi ne cultive néanmoins aucun désespoir mais une flamme vitale: "toujours aimer comme un fou". Il illustre d’ailleurs avec une tendresse infinie ce vers de "Nez au Ciel" dans un "Rendez-vous avec toi", visiblement plus autobiographique. Poète épicurien - capable d’écrire une ode sublime à ses ânes défunts , "chapeau bas", Jofroi s’offre aussi quelques jolies pointes d’humour, entre un "Tango" faussement misogyne de son cru et un "Petit notable" irrésistible griffé jean-Pierre Chabrol. Quant aux arrangements musicaux, essentiellement acoustiques de Line Adam, ils servent au plus sensible - excusez du peu - le lyrisme profond du chanteur.
Daniel Pantchenko, Chorus

En l’an deux mille, l’humanité ... l’un des plus beaux CD du moment!
Jacques Vassal - Politis

Jofroi, dans sa peau d’ours jovial cache à peine le poète révolté. Et survolté. Mais poli comme le plus doux des octosyllabes, le plus moelleux des alexandrins. Cet homme-là a donc de la hargne, des crocs à déchiqueter la bêtise, la gravité d’une tessiture qui en impose, mais il est aussi de la race de la plume d’oie... Dans cette tradition dénonciatrice qui remue joliment le couteau dans les plaies ( le racisme, l’égo pathétique des hommes politiques, les faux progrès ...), Jofroi est bien calé sur ses deux influences majeure. Il renvoie, par les mots mais aussi les musiques, Ferré et Brel comme une étonnante partie de ping-pong. Ainsi la première partie de l’album qui s’achève par la mort ou l’utopie relève du premier quand la deuxième, Dialogue sur un bas fait par son atmosphère écho à Ces gens-là. Jofroi ne se cache pas derrière son micro et assume parfaitement ce double héritage (on pourrait franchement trouver pire) qui fait de lui, à ses risques et périls, un solide continuateur...
Jean-François Bourgeot, Midi Libre

En quelques coups de pinceaux, Jofroi brosse le tableau de la planète. et s’il le fait dans l’amer et le vitriol, c’est pour mieux chanter "tout ce qui nous reste et qui nous justifie". A vrai dire, on se sent bien du côté de Jofroi. Il est doué pour la vie et pour le bonheur. Il a le goût des gens, la passion des bêtes amies (chapeau bas) et celle des éléments complices ( dialogue sur un banc). il tutoie les marginaux et les rêves, les amoureux et leurs talents...
Françoise Lison, Le courrier de l’Escaut